Guillaume Gachet
5 min
Qui contrôle l'hygiène dans un restaurant ?

Quel organisme contrôle l'hygiène d'un restaurant ?
Que fait la DDPP sur le terrain, concrètement ?
La DGCCRF contrôle-t-elle encore l'hygiène des restaurants ?
D'autres autorités peuvent-elles intervenir dans un restaurant ?
Comment vérifier qui vous contrôle sur le terrain ?
Pourquoi les contrôles sanitaires se multiplient-ils depuis 2024 ?
Questions fréquentes sur le contrôle d'hygiène en restaurant
Sommaire :
Qui contrôle l'hygiène dans un restaurant ? La question se pose souvent au pire moment, c’est-à-dire à la réception d'un avis de passage, ou en plein coup de feu, avec en face de vous un inspecteur qui décline son identité sans que personne en cuisine ne sache vraiment à qui il a affaire. Ce guide va vous permettre d’identifier l'organisme qui détient réellement le pouvoir de contrôle, ce que chacun vérifie, et comment distinguer une inspection sanitaire d'un contrôle municipal ou économique. De quoi reconnaître, la prochaine fois, la personne qui se présente à votre porte, et jusqu'où vont ses pouvoirs.
En résumé : Depuis le 1er janvier 2024, c'est la DGAL, rattachée au ministère de l'Agriculture, qui contrôle l'hygiène des restaurants sur le terrain, via les agents des DDPP ou DDETSPP. La DGCCRF ne vérifie plus la sécurité sanitaire des aliments : elle reste compétente sur l'étiquetage et la loyauté commerciale. D'autres acteurs, comme l'ARS ou le maire, peuvent intervenir sur des points précis, sans se substituer à ce contrôle principal.
Quel organisme contrôle l'hygiène d'un restaurant ?
Depuis le 1er janvier 2024, le contrôle sanitaire des restaurants relève de la DGAL, la direction générale de l'alimentation rattachée au ministère de l'Agriculture. Sur le terrain, ce sont les agents des directions départementales de la protection des populations, les DDPP, ou bien des agents de la DDETSPP dans certains départements où ce service est fusionné avec ceux du travail, qui réalisent l'inspection. Ce transfert de compétence a mis fin au partage qui existait auparavant avec la DGCCRF.
Une simplification plutôt bienvenue, du nom de police sanitaire unique. On a une centralisation entre les mains d'une seule administration ce qui était jusque-là réparti entre deux ministères. Avant la réforme, la DGCCRF intervenait ponctuellement en restauration commerciale au titre de la sécurité des aliments ; ce n'est plus le cas aujourd'hui. Pour vous c’est une bonne nouvelle, puisque ça simplifie la législation, avec un seul texte de référence, une seule administration à identifier, et cela que le contrôle soit annoncé ou mené à l'improviste.
Ce guide ne détaille pas les règles d'hygiène elles-mêmes : pour la chaîne du froid, le plan de maîtrise sanitaire et les autres obligations HACCP, direction notre article sur les règles d'hygiène en restaurant.
À retenir : la DGAL, via les DDPP ou DDETSPP, est depuis 2024 le seul organisme compétent pour le contrôle sanitaire des restaurants.
Que fait la DDPP sur le terrain, concrètement ?
La DDPP intervient directement dans les cuisines et les salles pour vérifier le respect des règles d'hygiène au quotidien. Ses agents examinent notamment les relevés de température, la traçabilité des produits, le plan de nettoyage et les conditions de stockage. Ils rédigent un rapport à l'issue de la visite, qui peut déclencher des suites administratives ou pénales selon la gravité des manquements qu’ils auront constaté.
Sur le terrain, l'inspecteur ne se limite pas à un tour visuel de la cuisine. Il consulte les enregistrements HACCP tenus par l'établissement : températures, DLC, bons de livraison, fiches de nettoyage signées. Si vous ne pouvez présenter aucune trace écrite ou numérique de votre suivi, vous vous exposez à un signalement, même si l'hygiène apparente de vos locaux paraît irréprochable.
Centraliser ces enregistrements plutôt que de les disperser sur des carnets et des tableurs séparés évite justement cet écueil. Une application HACCP comme la solution Secureat, logiciel HACCP français pour la restauration, réunit relevés de température, DLC et plan de nettoyage dans un même historique consultable à la demande d'un agent.
À retenir : l'agent de la DDPP vérifie les relevés HACCP autant que les locaux ; sans trace écrite ou numérique, même une cuisine propre peut être signalée.

La DGCCRF contrôle-t-elle encore l'hygiène des restaurants ?
Non. La DGCCRF, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, n'inspecte plus la sécurité sanitaire des restaurants depuis le 31 décembre 2023, date à laquelle ses derniers agents se sont retirés des contrôles en remise directe. Elle conserve en revanche sa compétence sur la loyauté des étiquetages, les mentions valorisantes et la lutte contre les pratiques commerciales frauduleuses. Vous pouvez donc croiser un agent de la DGCCRF, mais pour un motif économique, pas sanitaire.
Cette distinction surprend souvent, parce que les deux administrations restent associées dans l'esprit du public. Avant la réforme, la DGCCRF partageait avec la DGAL le contrôle des établissements de remise directe. Depuis, son rôle se concentre sur la publicité mensongère, les allégations nutritionnelles infondées, ou une origine des produits affichée à tort en cuisine. Un menu qui annonce une viande française alors qu'elle est importée relève typiquement de son terrain d'action, pas d'un défaut d'hygiène.
À retenir : la DGCCRF a quitté le contrôle sanitaire fin 2023 ; elle reste compétente sur l'étiquetage et la loyauté commerciale, un périmètre distinct de celui de la DGAL.
D'autres autorités peuvent-elles intervenir dans un restaurant ?
Oui, mais dans des cas précis, en dehors du contrôle sanitaire courant. L'agence régionale de santé (ARS) peut inspecter les réseaux d'eau chaude d'un établissement en cas de risque de légionelles, un sujet distinct de l'hygiène alimentaire proprement dite. Le maire, de son côté, agit au titre de ses pouvoirs de police générale, sur des sujets d'ordre public plutôt que d'hygiène en cuisine.
Ces interventions restent l'exception. Dans l'immense majorité des cas, c'est bien un agent de la DDPP ou de la DDETSPP qui se présente pour un contrôle d'hygiène, et non l'un de ces acteurs annexes.
La sécurité incendie et l'accessibilité, elles, ne relèvent d'aucun de ces organismes sanitaires : elles sont vérifiées par le SDIS et la commission de sécurité, dans le cadre d'un contrôle distinct propre aux établissements recevant du public. Confondre les deux conduit parfois à attendre du contrôleur DDPP des remarques qui ne sont tout simplement pas dans son champ d'action.
À retenir : l'ARS et le maire n'agissent qu'en marge du contrôle sanitaire courant, sur l'eau ou l'ordre public, jamais en substitution de la DDPP.
Comment vérifier qui vous contrôle sur le terrain ?
Vous avez le droit de demander à l'agent qui se présente de justifier son identité avant de le laisser accéder aux locaux. Les agents habilités doivent en principe présenter une carte professionnelle attestant de leur habilitation à contrôler votre établissement. Refuser catégoriquement l'accès, en revanche, expose à des sanctions distinctes de celles liées aux manquements sanitaires eux-mêmes.
Ce réflexe vous protège autant que le contrôle lui-même : il évite une usurpation, et permet de savoir d'emblée à quelle administration s'adresser en cas de désaccord. Un agent de la DDPP ou de la DDETSPP annonce généralement sa fonction et le motif de sa visite dès son arrivée en cuisine. L'obstruction au contrôle, elle, est traitée sévèrement : elle constitue un manquement autonome, indépendant du résultat de l'inspection sur le fond.
À retenir : demander la carte professionnelle de l'agent est un droit, pas un obstacle au contrôle ; seul un refus d'accès pur et simple expose à des sanctions.

Pourquoi les contrôles sanitaires se multiplient-ils depuis 2024 ?
La réforme de la police sanitaire unique s'est accompagnée d'un renforcement net de la pression de contrôle. Selon le ministère de l'Agriculture, les inspections dans les établissements de remise directe, dont font partie les restaurants, ont augmenté de 80 % à partir de 2024. Vous avez donc statistiquement plus de chances de recevoir la visite d'un contrôleur qu'avant la réforme.
Cette hausse se vérifie sur le terrain. Dans le Val-de-Marne par exemple, la DDPP a réalisé environ 1 900 contrôles sanitaires en restauration commerciale et remise directe en 2025, avec un taux de 2 % de fermeture administrative à l'issue de ces visites. Le chiffre varie d'un département à l'autre selon la densité d'établissements, mais il illustre le rythme atteint dans les zones les plus contrôlées.
À retenir : les contrôles ont augmenté de 80 % en remise directe depuis 2024, un rythme qui rend la conformité continue plus utile qu'une simple préparation ponctuelle.
Questions fréquentes sur le contrôle d'hygiène en restaurant
Un contrôle sanitaire est-il toujours annoncé à l'avance ?
Non. Seule la première visite, réalisée peu après l'ouverture d'un établissement, est parfois annoncée. Les suivantes tombent sans prévenir, ce qui permet à l'administration d'observer les conditions réelles d'exploitation plutôt qu'une mise en scène préparée pour l'occasion.
Un restaurant peut-il refuser un contrôle sanitaire ?
Non, l'accès aux locaux professionnels doit être permis à l'agent habilité qui en fait la demande. Un refus constitue un manquement grave, sanctionné indépendamment des résultats de l'inspection elle-même.
Comment consulter les résultats des contrôles sanitaires d'un restaurant ?
Les résultats sont publiés sur Alim'confiance, une plateforme publique qui recense les inspections réalisées depuis mars 2017. L'affichage du résultat en vitrine reste toutefois facultatif pour l'établissement contrôlé.
Le contrôle porte-t-il aussi sur la sécurité incendie ou l'accessibilité ?
Non. Ce volet relève du SDIS et de la commission de sécurité compétente pour les établissements recevant du public, pas de la DDPP. Un restaurant peut être en règle sur l'hygiène et recevoir, séparément, des observations sur ce terrain-là.
À retenir : le contrôle n'est pas systématiquement annoncé, ne peut être refusé, et ses résultats restent consultables librement sur Alim'confiance.
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